Plus de 60 pays présents, 1800 exposants dont 650 entreprises françaises et une inauguration exceptionnelle par le Président de la République Emmanuel Macron et le ministre des Armées Sébastien Lecornu : après 4 ans d’absence, Eurosatory 2022, le Salon international de la défense et de la sécurité, a particulièrement marqué les esprits. Le contexte international tendu a donné une aura particulière au rendez-vous du 13 au 17 juin 2022 à Villepinte : “l’économie de guerre” vient s’imposer comme le nouveau paradigme. Au programme donc, la présentation de systèmes d’armements variés ( parfois déjà déployés sur le sol ukrainien), véhicules blindés, munitions, robots et drones, armes d’assaut, hélicoptères et chars lourds, mais aussi tout un pan de technologies à usage hybride à fois militaire et civil : Intelligence Artificielle (IA), réalité virtuelle, cybersécurité, robotique… Les grands donneurs d’ordres et autres industriels majeurs n’étaient pas les seuls à participer puisque le salon a d’ailleurs mis à l’honneur Eurosatory LAB, un espace dédié aux start-ups défense et sécurité, au sein duquel près de 80 start-ups de tous horizons et pays ont pu présenter leurs innovations technologiques. Une 27e édition marquée par le conflit ukrainien et le retour de la guerre “à haute intensité” Eurosatory 2022, “mini-sommet international de la Défense” ? C’est ce qu’on a pu parfois lire dans les médias. L’inauguration du salon par Emmanuel Macron et la présence de 227 délégations officielles arrivées de 94 pays (dont 1 Premier Ministre, 13 Ministres de la Défense, 5 de l’Intérieur, 42 Chefs d’Etat-Major et 18 représentants d’organisations internationales) ont en effet donné une ampleur particulière à un salon déjà très établi. © Ametra, tous droits réservés A cette présence impressionnante de représentants officiels s’ajoute une tendance à l’augmentation globale des dépenses militaires mondiales : la guerre en Ukraine a vu les budgets Défense s’envoler dans de nombreux pays. Le bilan Défense du salon Eurosatory : Ametra décrypte les tendances sur BFM ! Vendredi 17 juin, Anne-Charlotte Fredenucci, présidente d’Ametra, a abordé le bilan du salon Eurosatory 2022, dans l’émission Le Grand Journal de l’Éco. Vous pouvez retrouver l’intégralité de la vidéo sur le site de BFM. © BFM TV Quelques équipements et innovations présentés lors du Salon Les avancées du programme Scorpion et autres temps forts de la DGA Eurosatory a été l’occasion pour la DGA et l’Armée de Terre de présenter les derniers équipements connectés spécialisés dans le combat collaboratif : Programme d’armement Scorpion et le combat collaboratif infovalorisé : véhicules, drones, connectivité, Scorpion la suite et Contact ; Programme Centurion pour le combattant de demain et la protection du combattant ; Aéro-combat : démonstration optronique en temps réel sur l’hélicoptère, NH90 forces spéciales et présentation de l’hélicoptère interarmées léger ; Appui-feu : canon Caesar, système air-sol moyenne portée, lutte anti-drone. Si vous n’avez pas pu vous rendre à Eurosatory, voici la présentation vidéo du stand de la DGA : Eurosatory est un salon au cœur de l’innovation grâce aux centaines de nouveaux produits technologiques présentés, mais aussi à l’Eurosatory LAB. Parmi les temps forts marquants de cette édition, on peut notamment citer : Helma-P, le laser anti-drones Helma-P, développé par la PME orléanaise Cilas et ArianeGroup, permet de repérer et identifier les drones et de les suivre sur près de cinquante kilomètres. L’opérateur peut ensuite le neutraliser en envoyant un rayon laser. Lutte anti-drones toujours : l’IA de détection Deeplomatics Deeplomatics, financé par la DGA dans le cadre de l’ANR Astrid, utilise des techniques de Deep Learning appliquées à la vidéo et à l’audio pour identifier et suivre en temps réel les trajectoires de drones à faible signature. L’”ensemble d’antennes microphoniques compactes, omnidirectionnelles et indépendantes” permet d’accomplir cette mission dans des zones complexes, tels que des environnements avec du relief ou des zones urbaines et péri-urbaines, là où les technologies classiques peuvent peiner à détecter ce type d’engins. © source: defense.gouv.fr , Exemple illustratif d’installation potentielle pour surveiller un site urbain. Les start-ups de l’Eurosatory LAB L’Eurosatory LAB accueillait également des start-ups de l’incubateur d’innovation du GICAT, GENERATE. Cette année, Mesodyne a remporté le 1er prix pour LightCell. Son générateur d’énergie breveté convertit n’importe quel combustible en électricité via la lumière, ce qui augmente la durabilité des petits systèmes de près de 10x par rapport aux batteries ! L’entreprise française M-CADOR se hisse en seconde place grâce à ses caméras intelligentes et ses logiciels d’analyse d’images. Découvrez en vidéo cet espace innovant de l’édition 2022 ! En images : Ametra au salon Eurosatory Vous n’avez pas pu passer visiter le stand Ametra ? Retrouvez quelques images de notre présence au Salon ! Anne-Charlotte Fredenucci, Présidente du groupe Ametra, avec Emmanuel Macron sur le salon Eurosatory 2022 : © Ametra, tous droits réservés © Ametra, tous droits réservés © Ametra, tous droits réservés © Ametra, tous droits réservés Pour ne rien manquer des prochaines actualités du secteur et du groupe Ametra, rejoignez-nous sur LinkedIn et visitez notre site officiel !
La mobilité par hydrogène : le défi des stations services et des infrastructures de recharge
La filière française d’hydrogène a devant elle de nombreux défis à relever pour assurer le passage d’une mobilité lourde à des carburants non fossiles. 1er challenge de la filière hydrogène : passer d’une infrastructure embryonnaire à un réseau étendu de rechargement La première difficulté rappelle celle des véhicules électriques, mais de manière encore plus accentuée : le rechargement et les infrastructures qui permettent l’adoption massive de ce type de véhicules à grande échelle sont complexes à mettre en place. En Ile-de-France, 3 stations services à hydrogène seulement sont accessibles aujourd’hui (pour une trentaine en France en 2022) ! Le réseau de recharge est donc particulièrement limité. A l’heure actuelle, seuls quelques taxis, transports en commun et véhicules de marchandises ont la possibilité d’évoluer autour de ces zones (aéroports et Air Liquide aux Loges-en-Josas) et donc de pouvoir se recharger régulièrement. © Air Liquide, dossier de presse l’Hydrogène en France 2022 Ci-dessous : AG 2022 Air Liquide – L’hydrogène, au cœur de la transition énergétique Autres sujets de taille : les prix et la validation des technologies de piles à combustibles. Cela explique entre autres le fait que les véhicules grand public à hydrogène restent particulièrement rares. Toyota commercialise un modèle et la société Hopium a ouvert avec succès ses commandes pour sa Machina. Dans tous les cas, la mobilité à hydrogène restera limitée aux transports en commun et aux camions tant que l’infrastructure globale ne sera pas plus développée. Cela étant dit, le développement français de la mobilité individuelle par hydrogène s’accélère très rapidement : par exemple, la société HysetCo, 1ère société d’actifs dédiée au développement de la mobilité hydrogène et initiative soutenue par Air Liquide, Kouros, TotalEnergies et Toyota, opérera un réseau d’une quinzaine de stations hydrogène bas carbone en Ile-de France d’ici 2024. Du côté de la mobilité lourde et du transport de marchandises, le projet HyAMMED inclut notamment une station hydrogène bas carbone de grande capacité (700 bar, 1 tonne/jour] qui permettra jusqu’à 20 rechargements journaliers de camions hydrogène effectuant de longues distances pour une autonomie pouvant aller jusqu’à 800 kilomètres. La station entre en phase de test et sera mise en service à l’été 2022. Elle alimentera en hydrogène bas carbone principalement la première flotte européenne de huit camions de 44 tonnes spécialement conçus dans le cadre du projet. Assurer la sécurité du recours à l’hydrogène tout en augmentant les capacités de rendement Seconde grosse difficulté, et non des moindres : l’aspect plus dangereux de l’hydrogène. Le carburant est hautement inflammable et explosif. Cela implique pour la filière d’assurer l’aspect sécurité du produit, de son transport, des véhicules conçus de cette manière… et des stations qui les accompagnent. Le risk management implique des contraintes très fortes sur lesquelles des experts travaillent. C’est le cas de collaborateurs Ametra, qui interviennent justement auprès d’Air Liquide pour améliorer la sécurité des stations et des trailers (camions transporteurs d’hydrogène) en analysant les différents modes possibles de défaillances. Dans le réseau actuel, les camions qui transportent de l’hydrogène le font déjà sous des pressions très élevées (350 bars). Les projets portent sur un passage à des pressions de 700 bars : en doublant ce nombre, un même véhicule pourra ainsi transporter un plus grand volume d’hydrogène. L’intégralité du dimensionnement de tous les composants et des systèmes pour stocker le gaz doit donc être pensée de manière très rigoureuse. Les industriels français face à des défis de taille, mais l’hydrogène s’installe Du côté des institutions, les véhicules hydrogène font l’objet d’une attention toute particulière : plusieurs régions, dont l’Ile-de-France, investissent de manière importante pour favoriser ce type de mobilité. La volonté publique de développer cette filière est donc forte en France : le pays prévoit de mobiliser 7 milliards d’euros d’ici 2030 (dont 2 issus du plan de relance) en vue de décarboner l’industrie par ce biais. Cela se traduit entre autres par des subventions importantes pour plus de transports publics de ce type, mais aussi pour faciliter la fourniture d’hydrogène en interopérabilité (350 et 700 bars). Derrière la volonté de ”lever les freins à la structuration d’un réseau opérationnel de distribution de l’hydrogène “ , les objectifs de la Région sont de plusieurs ordres : Développement de stations ouvertes à terme, et de leur répartition spatiale en fonction des besoins et des stations déjà existantes, Création de stations multi-énergies, Fourniture d’hydrogène en interopérabilité (350 et 700 bars), Organisation de l’universalité des paiements, Possibilité de conversion d’une station propriétaire en une station ouverte au public et interopérable, Innovations facilitant le développement de la filière hydrogène dans tous domaines (fluvial, réseaux…). L’Ile-de-France n’est bien sûr pas la seule région à s’intéresser de très près à l’hydrogène. Vous pouvez par exemple consulter cette vidéo de la région Occitanie pour mieux comprendre les enjeux de cette énergie pour les acteurs territoriaux. Au-delà des transports publics et de marchandises, la démocratisation de l’hydrogène pour les véhicules particuliers reste compliquée. Mais là encore, les initiatives se multiplient sur le marché. Toyota a par exemple commercialisé son modèle Mirai. Côté français, Hopium est sous les feux des projecteurs. La société développe un véhicule hydrogène haut de gamme très remarqué et connaît une croissance forte. Un avenir prometteur pour le transport par hydrogène Si l’offre d’infrastructure est encore limitée et les contraintes sécuritaires exigeantes à assurer, l’hydrogène semble toutefois promis à un bel avenir. La filière française se structure autour de grands acteurs, comme Air Liquide précédemment cité, mais aussi de tout un tissu industriel de PME expertes dans leur domaine comme le groupe Ametra, le tout soutenu par une demande portée par les régions, l’Etat et déjà quelques constructeurs privés. Pour en savoir plus sur nos métiers et notre savoir-faire, consultez dès maintenant notre site officiel. Vous pouvez aussi nous suivre sur LinkedIn pour ne rien manquer de nos actualités.
Décryptage : l’activité calcul numérique
En quoi consiste le calcul numérique ? Rares sont les personnes extérieures au monde de l’ingénierie à saisir ce que signifie concrètement faire des dimensionnements ou des calculs de différents types. De manière générale, le principe du calcul et de la simulation dans le monde de la conception et de l’ingénierie, est de mettre en équations mathématiques un système, afin de prédire comment il se comportera une fois qu’il sera réellement construit. Les bases du dimensionnement, des objets quotidiens aux systèmes industriels Les ingénieurs travaillent à partir de concepts ou de concepts en cours de développement et partent d’exigences particulières pour orienter leur conception. Et cela peut s’appliquer à tout ! Construction d’un pont, d’une fusée ou même d’un jouet pour enfants qui doit résister aux chocs et à la manipulation… L’intérêt de la simulation et du calcul est donc déjà de prédire et d’évaluer comment se comporte un système face à X ou Y sollicitation… alors qu’il n’existe pas encore. Et pour ce faire, il est important de le mettre en équation. Au sein du groupe Ametra, nous sommes très orientés mécanique : notre activité principale est de prédire comment se comportent différentes structures sous des sollicitations diverses. Chaque système mécanique va alors se voir appliquer ce que l’on appelle des conditions limites. En effet, tout calcul ou simulation est encadré par des limites (la limite étant ce qui nous intéresse pour l’objectif de la structure finale). Par exemple, pour simuler un réseau électrique, on prend ce qui entre et ce qui sort. Ce qui entre peut être le réseau électrique ou EDF ; ce qui sort, une ampoule. En mécanique, c’est la même chose : il existe des conditions de blocage, comme la fixation d’un plancher sur un mur ou sur un poteau (à titre purement illustratif), ou encore une autre condition limite qui peut être les divers charges que ce même plancher devra être capable de supporter tout au cours de sa vie. Ces charges peuvent êtres décrites dans des normes, ou dans le cadre de besoins fonctionnel particuliers… Quels types de sollicitations la simulation doit-elle prendre en compte ? Elles sont de multiples sortes : Charges statiques permanentes et variables (pour un plancher, le mobilier sera un point d’évaluation de la capacité en charge statique; pour un parking, les voitures stationnées…) Charges dynamiques (typiquement les voitures qui roulent sur un sol). Les charges peuvent être à la fois dynamiques et variables. Plusieurs exemples historiques illustrent malheureusement ce qu’il se passe quand les dimensionnements sont erronés : stade qui s’effondre, ancien pont sur lequel les militaires ne pouvaient pas marcher au pas cadencé au risque de les abîmer, pont qui entre en résonance sous sollicitation de vent et qui s’effondre (pont de Tacoma https://www.youtube.com/watch?v=Rmfl2kFeNPM ). Dans le cas du stade qui s’effondre, les personnes qui sautent partout et hurlent sont à la fois une sollicitation aussi variable que dynamique qui peuvent faire entrer en résonance les structures (catastrophe de Furiani). On comprend alors l’importance du travail des ingénieurs en charge des calcul de dimensionnement. Ces derniers doivent parfaitement anticiper ces charges statiques et dynamiques, mais aussi environnementales (tempête, séisme, neige, glace, variation rapide ou lente et prolongée des températures…) Tous ces éléments sont pris en compte pour dimensionner les structures, en fonction de leur finalité propre bien sûr. D’autres charges existent : elles peuvent être incidentelles ou accidentelles. On les retrouve aussi bien dans les systèmes industriels que sur des produits du quotidien qui peuvent connaître un défaut de fonctionnement. Dans le cas d’une cocotte-minute par exemple, cette dernière doit être dimensionnée pour résister à une pression largement supérieure à sa pression d’utilisation et doit être sécurisée par une valve fusible en cas d’obstruction du système de limitation de la pression afin d’éviter une explosion potentiellement catastrophique. A échelle plus sensible encore, il est fondamental de bien anticiper les possibles défauts de fonctionnement des centrales nucléaires, des avions… Comment dimensionner des structures ? Des éléments finis à l’apport du numérique Pour dimensionner des structures simples, les ingénieurs en mécanique utilisent des équations qu’ils connaissent bien, qu’il s’agisse de les appliquer à des modèles complexes ou simples. Pour une équerre qui tient une étagère, le dimensionnement va porter sur les vis, les chevilles, l’équerre qui prend en compte le poids de l’étagère mais aussi toute la charge de poids (ce que l’on peut mettre dessus, du bibelot aux livres plus lourds en passant par un enfant qui jouerait à s’y accrocher !). Lorsqu’il s’agit de règles de calcul simples, cela peut se faire à la main de manière basique. Mais dès que les structures gagnent en complexité, on entre dans l’univers de la simulation numérique. Il va alors s’agir de modéliser une structure en dessinant et en ayant recours à ce que l’on appelle des éléments finis, qui sont de petits éléments unitaires. Ces éléments finis sont des multiplications simples, mais la complexité naît d’en manipuler beaucoup simultanément. Cela mène alors à la résolution d’équations aux dérivées partielles. De manière simplifiée, la méthode simplifiée pourrait être expliquée ainsi : il est possible de dessiner un cercle dès lors que l’on a en notre possession de tous petits bouts de ligne droite que l’on va pouvoir poser les uns à côté des autres jusqu’à ce qu’ils forment visuellement un cercle. Si ces éléments droits étaient plus grands, cela ressemblerait plutôt à un carré ou à un losange. Mais dès lors que l’on diminue leur taille et multiplie leur nombre, on passe peu à peu à un octogone puis à un cercle que l’on peut reconnaître visuellement. De manière plus globale, il est possible de réécrire un élément volumique ou un système à partir d’une multitude de petits cubes ou de petits éléments (pour reproduire une forme initiale). On parle alors de discrétisation, c’est-à-dire de rendre les choses discrètes avec de petits éléments aux équations simples. Au final, le calcul numérique entre en jeu dès lors que les structures impliquent un nombre important de ces petits éléments. Il
