Les enjeux liés à la cybersécurité sont de plus en plus présents dans tous les secteurs, dont l’industrie et en particulier l’industrie 4.0. L’essor de la numérisation, de l’automatisation, du recours à la data et aux logiciels multiplie en effet les risques d’intrusion et le besoin d’assurer en amont la fiabilité et la sûreté des données et systèmes informatiques. Les attaques contre les sous-traitants d’Airbus, Renault et Pierre Fabre (plusieurs usines à l’arrêt) ou encore contre l’éditeur SolarWinds montrent à quel point une réponse aussi bien globale que locale est nécessaire. « Aucun établissement ne doit être orphelin en matière de cybersécurité, rappelle Yves Verhoeven, le sous-directeur stratégie l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), à l’Usine Nouvelle. Comme le souligne cet article, “dans le concept d’usine du futur, la cybersécurité couvre la protection des systèmes industriels (SCADA, API, PLC, SIS, bus de terrain, etc.) tout comme celle du système d’information industriel (SII), des logiciels aux postes de travail, en passant par les équipements réseau”. Pour mieux comprendre les enjeux et cybermenaces, vous pouvez consulter les ressources suivantes : Protéger l’industrie 4.0 des cybermenaces : un enjeu majeur (Thales Group) Enjeux et solutions de la cybersécurité industrielle (Orange Cyberdéfense) Cybersécurité industrielle : 6 mois pour sécuriser une usine (Industrie-Techno.com) (Webinar en anglais): Applying Future Aviation Software & Cyber-Security Best Practices Today, for Tomorrow (SAE International) Dans ce contexte, le rôle des ingénieurs doit évoluer en intégrant en amont les contraintes et exigences de sécurité, et ce directement au niveau de la conception des équipements électroniques et logiciels. Comment pallier les vulnérabilités potentielles et assurer la sécurité des développements le plus tôt possible ? C’est l’un des défis des mois et années à venir. Si jusqu’alors, l’aéronautique et la Défense étaient les grands demandeurs de cette approche, on retrouve désormais ces exigences dans toutes les branches industrielles. Loin d’être anecdotique, il s’agit bien d’une vague de fond. Plusieurs approches sont possibles. Le recours à des ingénieurs cybersécurité est la 1ère option, bien sûr ; mais il est également important de s’entourer d’architectes systèmes dotés d’une forte sensibilité à ces problématiques, afin de limiter le risque de se faire pirater ou de concevoir des produits qui pourront être hackés par la suite. D’après ce guide consacré à la cybersécurité des systèmes industriels, plusieurs acteurs sont responsables de la conception d’une architecture sécurisée : “1- les bureaux d’étude de l’ingénierie système, l’équipementier et intégrateur, de façon à constituer une équipe comportant un ou plusieurs experts cybersécurité en réalisation ; 2- des experts en automatisme et sûreté de fonctionnement, en support ; 3- le chef de projet technique et le responsable de la cybersécurité (ou à défaut le responsable métier), en approbation des livrables d’étude ; 4- les responsables locaux ayant une connaissance approfondie du système existant” Au-delà des experts métiers, c’est la conception elle-même qui est amenée à évoluer. De nouvelles contraintes et exigences sont à prendre en compte pour aboutir à des conceptions toujours plus sécurisées et viser une convergence IT/OT qui pouvait faire défaut jusque-là. Cela conduit également à réfléchir à des questions comme celle du recours aux FPGA, ces circuits logiques programmables qui permettent de s’affranchir partiellement des logiciels et semblent limiter le risque d’intrusions indésirables. “ Ce dernier point est à tempérer par la découverte de vulnérabilités propres (lire à ce sujet cet article sur les FPGA de Xilinx) : “si les FPGA ne sont pas vraiment exposés aux attaques par observation (étant reprogrammables, un attaquant n’obtiendrait que l’architecture du FPGA lui-même et non la logique propriétaire qu’il contient), ou de sur-production (le code peut être déployé chez le client, le partenaire ne le voit donc jamais), ils sont en revanche vulnérables à d’autres types d’attaques”. De nouvelles approches ont toutefois été implémentées pour un chiffrement plus sécurisé. Le groupe Ametra est particulièrement attentif à ces exigences pointues en matière de cybersécurité et à ce que ses enjeux représentent pour l’ensemble de la filière industrielle et les ingénieurs impliqués. Pour en savoir plus sur nos métiers et nos valeurs, rendez-vous dès maintenant sur notre site officiel. N’oubliez pas non plus de nous suivre sur LinkedIn pour plus d’actualités sectorielles !
Le projet SENTINEL : comment la SNCF optimise la maintenance du réseau ferroviaire
Qu’est-ce que SENTINEL ? SENTINEL est l’acronyme de Système d’Enregistrement Numérique Tensions et Intensités Électriques. Ce programme vise à enregistrer et traiter un ensemble de données et d’informations électriques pour télésurveiller le comportement des postes de distribution électrique d’une ligne et déclencher des alertes à distance lorsqu’un paramètre physique sous contrôle est détecté en défaut. Il équipe actuellement des postes de distribution d’énergie et traction électrique du réseau ferré national. Un programme mis en place pour 3 grands objectifs clés Les objectifs clés du système sont – la visualisation en temps réel des paramètres électriques, – la surveillance et l’enregistrement de phénomènes perturbateurs, – l’optimisation de la maintenance et de l’exploitation de l’infrastructure ferroviaire. Genèse et développement du projet SENTINEL La SNCF a d’abord lancé le travail sur ce sujet en s’appuyant sur les compétences métier disponibles en interne, sur la base d’un POC initial et d’une vérification de principe. Une fois que le besoin d’industrialiser le système s’est fait sentir, la société Styrel, groupe Ametra, a intégré le projet. Cela fait maintenant 4 ans que la société met son savoir-faire au service du développement de SENTINEL tant sur la partie software que hardware. Styrel intervient en assistance sur l’industrialisation et le développement du logiciel (applicatif et embarqué dans les coffrets) ainsi que sur le développement d’algorithmes spécifiques. Styrel, filiale du groupe, travaille aussi sur la partie hardware via ses solutions d’intégration et de coffrets d’acquisition de données. A ce jour, le projet est déjà opérationnel. La SNCF s’était chargée initialement de concevoir les premiers prototypes logiciels et matériels (coffrets), puis Styrel est intervenue sur la partie amélioration et industrialisation du système. Le système d’acquisition de données était en effet peu évolutif : Styrel Groupe Ametra a travaillé à le rendre plus robuste et à le faire évoluer vers une phase mature pour son déploiement, accompagnant une production plus importante. Une centaine de systèmes sont maintenant déployés un peu partout en France, après de premières implémentations en Ile-de-France. Plusieurs années seront encore nécessaires à l’aboutissement complet du projet SENTINEL. L’apport des sociétés du Groupe Ametra sur le projet Le Groupe Ametra, via sa filiale Styrel principalement, porte ce projet et accompagne la SNCF depuis plusieurs années. Ametra Integration a également rejoint le sujet depuis 2022, en apportant sa compétence sur la production en série des coffrets. Tout ceci permet de répondre à l’ensemble du périmètre nécessaire au développement et au déploiement du projet (logiciel et matériel). Cette approche 360 distingue le groupe Ametra du reste des sociétés du marché. Nous sommes ainsi capables de travailler aussi bien sur le développement logiciel sous LabVIEW que sur les intégrations de coffrets. Styrel est d’ailleurs partenaire de l’éditeur de ce logiciel, National Instruments, dont la technologie a été retenue à la fois pour le logiciel et pour une partie du hardware de SENTINEL. Pour en savoir plus sur les métiers et projets du groupe Ametra, rendez-vous sur le site officiel. N’oubliez pas non plus de nous suivre sur LinkedIn pour ne rien manquer de nos actualités.
Comment les entreprises peuvent contribuer à attirer davantage vers les filières techniques
Cela faisait longtemps que le taux de chômage n’avait pas été aussi bas en France. Ce phénomène semble s’installer, ce qui a pour conséquence le renforcement de la pénurie de main-d’œuvre technique qualifiée. Pas assez d’ingénieurs formés Chaque année, 40 000 nouveaux ingénieurs sont diplômés en France. Un volume loin d’être suffisant pour répondre aux besoins de transformation de l’économie et la société. Actuellement, les entreprises d’ingénierie recrutent un peu plus de 80 000 collaborateurs par an et sur tout le territoire. Si ce chiffre peut paraître important, il est insuffisant : les entreprises souffrent d’un sous-effectif structurel de l’ordre de 2 à 4 %. L’économie française a besoin de 50 000 à 60 000 nouveaux ingénieurs diplômés par an. Une des solutions serait de former davantage d’ingénieurs. Plusieurs évaluations nationales (Cedre, JDC) et enquêtes internationales (Pisa, Timss) pointent un décrochage des élèves en mathématiques dès le primaire, décrochage qui se confirme au collège. Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle est socialement très discriminante, le décrochage étant plus marqué chez les élèves issus de milieux défavorisés. Ce phénomène contribue à leur sous-représentation dans les formations scientifiques et dans les écoles d’ingénieurs au profit des enfants de cadres supérieurs, d’enseignants ou de professions libérales. Favoriser une ouverture sociale des filières techniques longues serait donc un axe sur lequel les entreprises, au côté des écoles, pourraient contribuer à travailler, afin d’augmenter le nombre de diplômés. Ainsi, les Ambassadeurs de l’Ingénierie, une initiative du Syntec pour envoyer de jeunes actifs parler de leur métier dans les collèges et lycées, pourraient cibler en priorité les établissements de quartiers populaires. On ne peut occulter également la préférence des entreprises pour des salariés disposant d’une première expérience, préférence qui relègue les jeunes diplômés en formation initiale derrière ceux qui ont obtenu leur diplôme en alternance et qui connaissent déjà le monde de l’entreprise et ses codes, c’est-à-dire ceux qui possèdent la pratique en plus de la théorie. Des formations complémentaires pourraient être montées, en lien avec les OPCO, pour mettre les jeunes diplômés en situation et parfaire leur formation académique par une formation pratique appliquée. A ce problème de manque de diversité sociale s’ajoute une sous-représentation des femmes en filière ingénieure. Les entreprises d’ingénierie enregistrent de fait un faible taux de féminisation, avec 31 % de femmes dans leurs effectifs, mais 26 % seulement sur le cœur de métier de l’ingénierie et 11 % dans les postes de direction. Sensibiliser les jeunes filles dès le collège au fait que les carrières scientifiques ne leur sont pas fermées pourrait faire partie des solutions à développer : là encore, les Ambassadeurs de l’Ingénierie porteraient la contribution des entreprises. En attendant, les employeurs sont de plus en plus nombreux à miser sur les compétences transversales, plébiscitant des candidats capables de faire plusieurs métiers au cours de leur carrière. Recruter des profils atypiques, notamment des profils techniques qui ne soient pas diplômés d’écoles d’ingénieurs fait également partie de la solution : les entreprises doivent accepter d’ouvrir leurs critères de recrutement, ce qui est certes plus aisé pour des PME / ETI agiles que pour des grands groupes avec des échelles salariales figées selon le diplôme et l’ancienneté. Favoriser et encourager l’élargissement du recrutement dans les filières techniques En conclusion, les réponses à cette pénurie ne sont pas miraculeuses ; il s’agit de bon sens et de se donner collectivement les moyens d’agir : l’investissement dans la formation des salariés et des demandeurs d’emploi : gouvernements, établissements d’enseignement supérieur et entreprises sont appelés à miser sur la formation pour parvenir à combler le fossé qui se creuse entre le système scolaire et le marché de l’emploi ; favoriser l’accès aux longues études techniques au plus grand nombre, quel que soit le genre ou le milieu social de l’étudiant ; communiquer le plus tôt possible sur les possibilités de carrières, trop de jeunes ne savent que tardivement quelle voie choisir, susciter les vocations ; accepter de recruter des candidats aux parcours plus atypiques. Découvrez comment Ametra contribue : à travers son investissement dans les Ambassadeurs de l’Ingénierie, l’égalité des chances, la féminisation et la parole donnée aux femmes, ou encore l’embauche et la promotion de profils atypiques.
