L’obsolescence est un enjeu important dans le milieu industriel. On peut en effet la trouver à tous les niveaux (matériel, logiciel, systèmes électroniques embarqués…), mais aussi dans des secteurs aussi variés que le naval, le ferroviaire, le spatial ou encore l’aéronautique. L’un des défis majeurs à relever aujourd’hui est d’assurer que des produits puissent rester en service pendant plusieurs dizaines d’années. Un court rappel sémantique est important : le traitement de l’obsolescence diffère de la gestion de l’obsolescence. Dans le premier cas, il s’agit d’analyser comment solutionner un problème détecté, là où la gestion implique quant à elle une veille technologique en amont et un système d’alertes particulier. Le groupe Ametra est expert en traitement de l’obsolescence et travaille notamment à assurer à ses clients un maintien en condition opérationnelle. Concrètement, cela peut nous amener soit à provisionner tous les composants nécessaires sur tout le cycle de vie (gestion de stock), soit à les faire évoluer en fonction des périodes de production, et ce sans interruption. Cette dimension est d’autant plus présente dans l’industrie que les durées de vie sont régulièrement prolongées dans plusieurs secteurs (aérien, nucléaire, défense, ferroviaire, énergie…), tandis que les fondeurs, qui travaillent sur de grandes séries, cessent logiquement de produire certains composants qui ne devaient plus être en service. Dans le cas des centrales nucléaires françaises, par exemple, la prolongation pour deux décennies des installations existantes implique que les systèmes électroniques qu’elles contiennent n’ont à l’origine pas été conçus pour cette durée d’exploitation. Autre exemple : des avions qui cumulent plusieurs décennies de durée de vie posent la question de composants obsolètes dans le système. Après 10 à 15 ans, ces composants électroniques ne sont bien souvent plus produits, ou bien en fin de vie : puce, résistance, capacité… De nouvelles gammes viennent bien souvent les remplacer, notamment dans le cadre de la miniaturisation des composants. Petit à petit, l’arrêt de la production et de la vente d’anciennes références vient poser problème. Or pour les industriels, l’enjeu est fondamental, en particulier lorsqu’il s’agit d’un équipement critique (sécurité dans le cas du transport de personnes par exemple). Si un équipement est certifié et que seuls 2 ou 3 composants sont obsolètes parmi des milliers de pièces, le but devient alors de tout mettre en œuvre pour conserver sa certification le plus longtemps possible. Comment procéder ? C’est dans ce type de cas que le groupe Ametra intervient. Les options de traitement de l’obsolescence 3 solutions sont possibles : 1) Trouver un composant pin-to-pin compatible : il s’agit d’un composant de même forme et de même fonctionnalité. La référence change, mais il est identique au composant d’origine. 2) Trouver un composant avec la même fonction, mais de taille plus petite et de forme différente. Dans ce cas, il faut concevoir un « patch » permettant d’adapter le nouveau composant à sa carte. 3) Lorsque ces deux options ne sont pas possibles, il faut intervenir de manière plus globale et procéder à une opération de design / développement, voire refaire une carte électronique ou un système complet. Cette approche peut nécessiter une certification partielle, ou bien une justification avec des tests complémentaires. Tout cela est évalué en amont du projet avec le client : ce dernier profite généralement de ce nouveau design pour ajouter des fonctionnalités plus récentes ou donner plus de performances à ses composants. Dans ce cas, le produit est développé en essayant de réutiliser au maximum l’existant, l’architecture des systèmes, la robustesse…ne pas partir d’une feuille blanche permet de limiter les coûts de l’intervention. A titre d’exemple, le groupe Ametra a récemment travaillé sur un projet dans le domaine du naval militaire. Alors qu’un composant était en phase d’obsolescence, nous avons ajouté des fonctions et de la miniaturisation à ce dernier. Quelques projets de traitement de l’obsolescence chez Ametra – Ferroviaire : Ametra accompagne la SNCF sur un projet de rénovation des rames et d’ajout de nouvelles technologies à ces dernières. Si à leur création, certaines rames étaient prévues pour rester en service pendant 20 ans, le traitement de l’obsolescence de plusieurs composants a été l’occasion d’ajouter des fonctionnalités attendues (WiFi, 5G…). – Défense : le groupe est intervenu pendant 1 an et demi sur des frégates de la marine française, avec la spécificité de mener ce projet à bien dans le cadre d’un budget pour une rénovation à mi-vie. *Iso forme fait référence à un remplacement ou une adaptation qui maintient la même forme physique, le même design ou la même apparence extérieure que l’élément original. Cela peut être crucial dans des situations où le remplacement doit s’adapter physiquement dans un espace donné ou s’interfacer avec d’autres composants de manière très spécifique. Par exemple, dans l’industrie aéronautique, un composant iso forme devra non seulement s’adapter physiquement dans l’espace alloué mais également répondre aux mêmes exigences aérodynamiques que l’original. Iso fonction se concentre sur la préservation ou la réplication des fonctionnalités de l’élément original, sans que la forme physique soit nécessairement identique. L’objectif ici est de s’assurer que le remplacement ou l’adaptation effectue les mêmes fonctions ou opérations que le composant obsolète. Ce concept est particulièrement utile lorsque l’aspect physique du composant peut être modifié tant que les performances et les fonctionnalités requises sont maintenues. Cela permet souvent plus de flexibilité dans la recherche de solutions de remplacement, en ouvrant la porte à l’utilisation de technologies plus récentes ou de solutions plus économiques. En conclusion Face aux défis imposés par l’obsolescence dans l’industrie, les acteurs comme le groupe Ametra démontrent qu’une approche proactive et innovante est non seulement possible mais essentielle pour garantir la durabilité et l’efficacité des systèmes critiques. En adoptant des stratégies telles que le remplacement pin-to-pin, la conception de solutions adaptatives pour intégrer des composants de nouvelle génération, ou encore la refonte complète de systèmes pour intégrer des avancées technologiques tout en conservant les certifications lorsque cela est nécessaire, les industriels peuvent surmonter les défis posés par l’obsolescence. Traiter efficacement l’obsolescence dans l’industrie requiert donc une approche intégrée, qui ne
L’essor des drones armés
Autonomie, rapidité, furtivité : depuis les débuts de leur utilisation, les drones ont radicalement transformé les théâtres d’opérations militaires. Originellement conçus pour la reconnaissance, ces appareils sans pilote ont rapidement évolué pour inclure des capacités offensives, redéfinissant ainsi les stratégies de combat et la doctrine militaire moderne. Les drones armés, ou véhicules aériens sans pilote (UAV) équipés pour des missions de frappe, représentent une avancée technologique significative dans la guerre asymétrique. Ils permettent d’atteindre des cibles précises avec rapidité et précision, sans exposer directement de forces humaines. Cette capacité à mener des attaques précises contre des cibles sélectionnées minimise les dommages collatéraux et les pertes civiles, tout en mettant la pression sur l’ennemi dans des zones souvent inaccessibles. FPV, IA… : l’Ukraine, laboratoire d’innovation pour les drones armés La guerre en Ukraine sert de véritable laboratoire pour l’utilisation avancée des drones armés et illustre leur fort impact sur les dynamiques de la guerre moderne. Le recours en particulier aux drones FPV (First Person View), mais aussi à l’Intelligence Artificielle (IA),a transformé la conduite des opérations militaires sur le terrain. Souvent adaptés de modèles commerciaux, ces drones sont venus à la fois mettre en danger les forces russes en permettant des attaques précises et inattendues, mais aussi renforcer les capacités défensives. Leur coût relativement bas et leur flexibilité d’utilisation leur confèrent un avantage stratégique indéniable : perturber les lignes de communication, positions stratégiques et chaînes logistiques ennemies avec une efficacité remarquable. Les drones turcs Bayraktar TB-2, en particulier, ont joué un rôle crucial dans le conflit en offrant à l’Ukraine une capacité offensive accrue. Comme le souligne cet article, “le TB2 est devenu un symbole de la résistance ukrainienne”. Capable de mener des frappes de précision contre des cibles fixes et mobiles, il a été un élément déterminant dans plusieurs opérations clés et illustre bien la valeur stratégique des UAV aujourd’hui. Cela oblige par ailleurs les armées du monde entier à faire évoluer leurs stratégies de défense et d’attaque en ce sens. L’intégration des drones dans les opérations militaires en Ukraine a souligné la nécessité pour les forces armées de développer des contre-mesures sophistiquées et de renforcer les défenses aériennes pour se protéger contre des attaques de plus en plus précises et furtives. Le conflit ukrainien démontre clairement que la maîtrise du ciel – non plus seulement avec des avions de chasse traditionnels mais avec une gamme de drones armés – est essentielle pour assurer la supériorité sur le champ de bataille. Vers une stratégie de diversification des armements utilisés En Ukraine toujours, la stratégie militaire s’est considérablement diversifiée pour inclure à la fois l’utilisation de drones FPV (First-Person View) et de munitions guidées de précision (PGM). Cette dualité stratégique illustre une approche adaptative face aux défis variés du champ de bataille contemporain, en particulier lorsque ce dernier relève d’un environnement de guerre hybride. De manière plus globale, les grandes puissances militaires ont pris du retard dans cette course à des formes d’armement bon marché et parfois “jetables” destinées à venir compléter les plateformes et armes plus sophistiquées, mais aussi plus lourdes et coûteuses. De nouveaux modèles voient le jour Les progrès technologiques dans le domaine des drones ont mené au développement de modèles avancés capables de transformer les stratégies militaires. Si les drones TB-2 se distinguent en Ukraine mais aussi dans d’autres régions telles que l’Afrique, où leur attractivité repose sur un excellent rapport qualité-prix doublé de performances remarquables à distance, ils ne sont pas les seuls drones armés développés aujourd’hui. La France travaille par exemple sur un drone offensif nommé Avatar (Action par Vecteur Aérien de Tir d’Armement Robotisé). Le projet Avatar illustre bien l’intérêt croissant pour l’intégration d’armes conventionnelles sur des drones commerciaux. Le modèle DJI Matrice 600 modifié pour transporter un fusil d’assaut HK 416 FC illustre cette tendance, combinant la mobilité des UAVs avec la puissance de feu des armes légères. Avatar met en lumière les possibilités futures des drones de combat et soulève des questions importantes sur l’utilisation tactique et les règles d’engagement pour ces nouvelles plateformes armées. (c) DGA Les nouveaux défis de la Défense La prolifération des drones armés pose d’importants défis en termes de défense et de contre-mesures. La protection des espaces aériens et des infrastructures critiques contre les drones est devenue une priorité absolue pour de nombreux pays. Les systèmes de détection et d’interception doivent désormais composer avec des appareils petits, agiles et souvent à faible signature radar, rendant la défense anti-drones complexe et coûteuse. La France, entre autres, travaille activement à améliorer ses capacités de défense contre les drones. Les systèmes comprennent une partie détection (radars, optronique) et une partie destruction (brouillage, arme laser) pour les neutraliser. Cette approche multicouches est essentielle pour adresser la variété et la sophistication croissantes des drones armés utilisés dans les conflits contemporains. Autre défi de taille : à mesure que les drones se multiplient, les essaims auto-coordonnés sont de plus en plus envisageables. Cela posera à terme d’autres enjeux de surveillance et d’engagement. En conclusion, la guerre des drones, avec sa combinaison de technologies accessibles et de tactiques asymétriques, représente un nouveau domaine d’innovation où la supériorité technologique et la capacité à s’adapter rapidement seront déterminantes pour maintenir un avantage stratégique. Découvrez dès maintenant l’expertise et les projets du groupe Ametra en vous rendant sur notre site officiel. Vous pouvez aussi nous rejoindre sur LinkedIn © image principale par Bayhaluk — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=53447052
Etre femme dans un métier technique
Encore à l’ancienne, le monde des métiers techniques ? Rien n’est moins sûr. Traditionnellement occupés par des hommes, les postes d’ingénieurs, de docteurs ou de Directeur Général, pour ne citer qu’eux, sont aujourd’hui de plus en plus prisés des femmes. Bien entendu, le tableau n’est pas encore idéal, mais les efforts en matière de visibilité des métiers techniques à l’école, d’entrée en école d’ingénierie ou encore de culture d’entreprise engagée impactent déjà positivement l’équilibre de représentation des genres dans des secteurs souvent classés masculins. Au-delà de la théorie, comment les femmes qui rejoignent l’industrie ou l’ingénierie pensent-elles et vivent-elles leur parcours et leur place aujourd’hui ? Nous avons échangé avec trois collaboratrices du groupe Ametra : Laurie, DG d’Ametra Intégration, Karima, Docteure au sein de la cellule R&D Ametra Research, et Kannika, Ingénieure Etudes. Au-delà de leur parcours et expériences spécifiques, des thèmes communs reviennent. Le monde change et l’industrie se transforme aussi N’y a-t-il plus de misogynie dans les filières et entreprises techniques ? Quelques rares écarts persistent. Mais plus les années passent, plus ce type de comportement s’estompe. Des changements générationnels se produisent peu à peu et, de l’école à l’entreprise (avec des managers notamment qui veulent et peuvent créer un cadre plus bienveillant), les femmes gagnent en visibilité et en place. Comme Laurie le précise : “Je n’ai pas été freinée dans ma carrière parce que j’étais une femme. A mes débuts, j’ai évolué dans un monde très masculin où il a fallu que je m’impose, donc ça m’a aussi rendue dure dans mon évolution. A 23 ans quand j’ai commencé, une femme ne pouvait pas être ingénieur mécanique aux yeux de certaines personnes mysogines… mais s’il a été difficile de se faire respecter au début, c’est beaucoup moins dur aujourd’hui. Je suis d’ailleurs devenue DG en 12 ans de carrière.” Le type de management et la culture d’entreprise jouent un rôle important Au-delà d’évolutions générationnelles au sens large, l’évolution des managers et le développement de cultures d’entreprises dynamiques et plus inclusives font aussi une différence. “Mes managers ont la petite quarantaine, et avaient moins de 40 ans au début de ma carrière. Cela étant dit, la culture d’entreprise joue aussi, mais cela va de pair avec le générationnel”. (Kannika) Bien entendu, cela relève de choix forts de l’entreprise et implique qu’elle en ait fait une priorité. “J’évoluais dans un monde très masculin et macho. En rencontrant Anne-Charlotte (Fredenucci, Présidente du groupe Ametra ndlr), j’ai senti beaucoup d’humanité et tout l’inverse de ça. C’est ce qui m’a donné envie de venir. Ce qui était une faiblesse avant est aujourd’hui une force dans de nombreuses entreprises” (Laurie). L’envie de faire un métier l’emporte sur le reste… à condition déjà de savoir que l’option existe Nombreuses sont les jeunes filles et femmes à tout simplement ignorer le fait que ce type de voie est possible pour elles. Les statistiques des écoles d’ingénierie montrent une vraie montée en puissance de la féminisation de ces profils. Néanmoins, et elles sont plusieurs à le souligner : bien qu’il soit nécessaire de “commencer dès la sélection” et de repenser les orientations par défaut des femmes vers des filières considérées plus féminines, la course aux quotas ne doit pas l’emporter sur le haut niveau d’exigence, le sens du travail et le mérite. Là encore, l’environnement compte aussi. Comme le précise Karima, originaire de Tunisie : “je pense qu’actuellement les femmes ont plus de confiance en elles. Avant, elles étaient orientées par défaut vers la médecine, la pharmacie ou la biologie, par société ou par culture. Maintenant, on a plus de liberté. Les parents ont aussi plus confiance. En Tunisie par exemple, les femmes sont très représentées dans les métiers de la technologie et de l’ingénierie. Dans les laboratoires où j’étais, nous étions une vingtaine de femmes” (Karima) Plus tard dans le parcours de formation, d’autres initiatives peuvent être mises en place. Laurie est par exemple engagée auprès d’un Campus aéronautique qui met en relation entreprises et académiques, afin d’attirer plus de jeunes vers cette filière… sans verser non plus dans le “tout féminin” ! “ A l’échelle du collège, il faudrait peut être agir mais comment ? Cela étant dit, il ne faudrait pas tomber dans le travers de tout axer sur le féminin” (Kannika) Confiance et persévérance font la différence Cela peut sonner comme de la méthode Coué, mais ce n’est pas le cas. Confiance en soi-même déjà, en passant outre ses propres croyances limitantes et inquiétudes face à une filière dont on estime, en grande partie à tort, qu’elle n’est pas forcément faite pour les femmes. Également face aux autres, en cas de rencontres, d’échanges ou de styles de management “vieille école”, la confiance en soi et le fait de s’endurcir quand il le faut permettent de passer à l’étape suivante. Cela ne signifie pas de devoir tout gérer seule : “J’ai une amie dans la défense qui a eu des problèmes avec un client. Elle est restée ferme et a fortement bénéficié du soutien de ses collègues aussi. ” (Kannika) La prise de risque peut accélérer une carrière S’expatrier pour un projet d’études, un stage ou travailler à l’étranger ? Passer un doctorat, faire le choix de partir au moment où d’autres font des enfants ? Il n’y a pas de parcours type, bien sûr, mais ce type d’expériences peut fondamentalement accélérer une carrière. Là encore, ce conseil vaut aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Mais il vaut la peine d’être rappelé : “la réussite n’a pas de secret : c’est le fruit d’un travail et de concessions à certains moments de sa vie ; quand tous mes amis faisaient des bébés, je suis partie en expatriation aux Etats-Unis” (Laurie) Les critères de réussite sont les mêmes pour tout le monde Travail, rigueur et ouverture d’esprit sont nécessaires pour réussir dans les métiers techniques, que l’on soit un homme ou une femme. La différence la plus notable est peut-être plus en amont, dans l’exposition (ou
